Gérer les concessions funéraires d’un cimetière demande méthode et rigueur puisque chaque concession a une durée limitée. Chaque échéance non suivie peut entraîner des conflits avec les familles. Cependant, beaucoup de communes gèrent encore ces données manuellement. Ce guide vous explique comment maîtriser les types de concessions, organiser les renouvellements, convertir les durées et lancer une reprise en toute légalité.
1) Focus sur les types et les durées de concessions
Une concession funéraire est un droit d’usage accordé par la commune à une famille. Elle se distingue par son type et sa durée.
Il existe trois types de concessions :
- La concession individuelle : réservée à une seule personne.
- La concession collective : ouverte à un groupe de personnes désignées dans l’acte.
- La concession familiale : destinée au concessionnaire, à son conjoint et à ses descendants.
La durée de la concession varie selon le choix du titulaire et les possibilités offertes par la commune. Voici les durées réglementaires :
| Durée | Caractéristiques principales |
| 5 à 15 ans | Concession temporaire, renouvelable à l’échéance |
| 30 ans | Concession trentenaire, très courante dans les communes |
| 50 ans | Concession cinquantenaire, durée longue mais pas perpétuelle |
| Perpétuelle | Aucune échéance, mais peut faire l’objet d’une reprise pour abandon |
L’acte de concession est le document fondateur. Il précise le type, la durée, les bénéficiaires et les conditions de renouvellement. Conservez-le soigneusement dans le registre des concessions.
2) Suivre les échéances et renouveler au bon moment
Le renouvellement d’une concession funéraire doit être anticipé. Un oubli peut exposer la commune à une reprise contestée ou à un conflit familial difficile à gérer.
Qui peut demander le renouvellement ? La demande peut être faite par :
- le titulaire de la concession,
- ses héritiers, munis d’un justificatif de leur qualité (acte de notoriété, certificat d’hérédité),
- toute personne désignée dans l’acte de concession.
A retenir : la commune dispose de deux ans après l’expiration pour proposer le renouvellement aux familles. Passé ce délai, elle peut lancer une procédure de reprise pour non-renouvellement.
Dans ce cadre, les pièces à fournir sont :
- un justificatif d’identité,
- la preuve de la qualité d’héritier si le titulaire est décédé,
- et, parfois, le titre de concession original.
Pour automatiser les alertes d’échéance, centraliser les justificatifs et limiter les oublis, un logiciel de cimetière agit comme la « mémoire » du service. Il évite de dépendre d’un classeur papier ou d’une seule personne pour retrouver l’information.
3) Convertir une concession en durée plus longue
La conversion d’une concession permet de passer d’une durée courte à une durée plus longue. Par exemple, une concession trentenaire peut être convertie en concession cinquantenaire ou perpétuelle.
Cette démarche est possible avec les conditions suivantes :
- La concession doit être en cours de validité au moment de la demande.
- La commune doit proposer ce type de durée dans son règlement de cimetière.
- Le titulaire ou ses héritiers paient la différence de prix entre les deux durées.
La conversion ne repart pas de zéro. Elle est calculée à partir de la date d’origine de la concession. Vérifiez bien les dates dans l’acte avant toute démarche.
Attention : si la concession est arrivée à échéance, la conversion n’est plus possible. Il faut d’abord la renouveler, puis envisager une conversion.
4) Reprise pour non-renouvellement : ce que la commune peut faire
Lorsqu’une concession temporaire arrive à échéance et n’est pas renouvelée, la commune peut reprendre l’emplacement. Cette procédure est encadrée par la loi.
Le délai avant reprise est de deux ans après l’expiration de la concession. Durant cette période, la commune doit :
- Informer les familles par tout moyen utile (courrier, affichage en mairie, affichage sur la tombe).
- Constater officiellement le non-renouvellement.
- Délibérer en conseil municipal pour autoriser la reprise.
L’arrêté du maire officialise la reprise. Il doit préciser la situation de la concession, la date d’expiration et les démarches d’information effectuées.
Les corps inhumés sont transférés dans un ossuaire communal. La commune peut ensuite attribuer l’emplacement à une autre famille.
5) Concession en état d’abandon : critères et procédure
Une concession perpétuelle peut être reprise si elle est en état d’abandon. La procédure est très formalisée et demande une vigilance particulière.
L’article L2223-17 du CGCT définit les critères d’abandon comme suit :
- la concession présente un aspect indécent ou délabré,
- les monuments sont en ruine,
- l’état général révèle un défaut d’entretien manifeste.
La procédure se déroule en plusieurs étapes :
| Étape | Action | Délai |
| 1 | Constat d’état d’abandon par le maire ou son représentant | Toute l’année |
| 2 | Procès-verbal dressé et affiché en mairie et sur la tombe | Immédiatement après le constat |
| 3 | Délai d’attente pour permettre aux familles de réagir | 3 ans après affichage |
| 4 | Second constat si l’état n’a pas changé | À l’issue des 3 ans |
| 5 | Délibération du conseil municipal autorisant la reprise | Après second constat |
| 6 | Arrêté du maire prononçant la reprise | Après délibération |
Veuillez noter que toute irrégularité dans la procédure peut entraîner son annulation. Respectez scrupuleusement chaque étape, et conservez toutes les preuves d’affichage et d’information.
6) Les bonnes pratiques de traçabilité et de communication
La traçabilité est votre meilleure protection en cas de contestation. Chaque action doit être documentée et datée.
Voici les bonnes pratiques recommandées par la DGCL et le Service Public :
- Tenez un registre des concessions à jour, avec les dates d’expiration, de renouvellement et de reprise.
- Conservez les courriers envoyés aux familles avec preuve de réception (lettre recommandée).
- Photographiez l’état des concessions lors des constats d’abandon.
- Archivez les procès-verbaux, les délibérations et les arrêtés dans un dossier par concession.
L’affichage en mairie est obligatoire à plusieurs stades de la procédure. Notez la date de début et de fin de chaque affichage dans le registre.
La notification aux familles doit être faite par écrit. En cas d’héritiers introuvables, conservez la preuve de vos recherches. Ce document vous protège en cas de recours.
7) Tableau de bord : colonnes et règles de relance
Copiez ce tableau de bord pour suivre vos concessions et anticiper les relances. Adaptez-le à votre logiciel ou à votre tableur.
| Colonne | Contenu à renseigner | Règle de relance |
| N° de concession | Identifiant unique de la concession | — |
| Type | Individuelle / Collective / Familiale | — |
| Durée | 5, 15, 30, 50 ans ou perpétuelle | — |
| Date de début | Date figurant dans l’acte de concession | — |
| Date d’expiration | Date de fin calculée selon la durée | Alerte J-180 et J-30 |
| Titulaire / Héritiers | Nom, adresse, téléphone | Courrier à J-180 |
| Statut | En cours / Expiré / Renouvelé / Reprise engagée | Mise à jour après chaque action |
| Documents | Acte, courriers, PV, arrêté | Archivage systématique |
| Observations | Notes libres sur la situation | — |
La règle de relance à J-180 permet de contacter les familles bien en amont. Cela évite les situations d’urgence et les procédures contentieuses.
Il est conseillé de désigner un responsable unique pour le suivi des concessions dans votre commune. Un interlocuteur identifié réduit les risques d’oubli et améliore la relation avec les familles.

